Rubriques
Liens
Pub
Hébergé par 20six.fr
Car je ne sais si vous me pardonnerez jamais d'avoir fait valsé votre décor. Quelle idée d'avoir cru que le petit supplément d'âme qui accompagnait mon joli fessier vous gardait d'un chaos annoncé. Mon coeur saignait, le vôtre était de marbre et je mourais devant vous pendant que vous débattiez doctement. Votre sémantique stérile me renvoyait dans mes pénates et offensait mon intelligence. Il ne me restait plus qu'à franchir la zone interdite pour aller voir l'envers du décor avec l'honnêteté dont je vous savais dépourvu et l'intime conviction que vous aviez peut-être marlgré vous orchestré un tel épilogue. Tandis que vous comptiez fleurette à Milan auprès d'une nouvelle conquête dans ce bel été indien qu'offrait l'octobre finissant, je me versais du thé et c'est dans un peignoir chinois, taisant la douleur de vous avoir perdu, que j'ai composé la combinaison de chiffres à laquelle était suspendu votre devenir...
Six mois, deux saisons. Rendant fous ceux qui attendaient patiemment que la voie soit libre, j’ai choisi de n’en laisser aucun s’alanguir sur mon corps quand bien même fut-ce pour t’oublier. J’ai besoin de ce temps d’abstinence qui attise pourtant avec force le feu qui, entre mes cuisses, ne s’éteint pas. C’est une chasteté de façade. Une noblesse de la mémoire. Aiguisée comme une lame, je demeure attentive à toutes les sensations de mon désir de femme et lorsqu’il monte en moi, puissant comme une douleur, je te baise en pensée. Comme personne. Comme tu sais. Jusqu’à sentir tes mains s’enfoncer dans la chair de mes hanches. Jusqu’à t’entendre encore murmurer ces jolis mots fondus dans un râle au moment où tu assièges lentement mes profondeurs.
(archive 24.2.07 23:07)
Le tgv sous la neige, des huîtres, du champagne et des dessous affolants. De l'impatience sur le répondeur "20h c'est beaucoup trop tard, il faut que tu trouves une solution pour venir plus tôt..."
Bien sûr que je te manque. Chaque seconde respirée te le rappelle, je le sais. L'immensité du ciel me le rappelle aussi. Je suis pleine de sève et de désir. Qu'y puis-je si tu l'as cherchée de toute ton âme cette fleur rare qui t'achève de plaisir à rendre les autres sans saveur ? Qu'y puis-je si tu ne peux te l'avouer ? je sais qu'un jour tu baisseras le masque. Contre toute attente, un beau jour, sans raison, tu voudras que je sache. Tu me chercheras partout pour me dire cette évidence que ton corps a gravé dans du marbre, que ta bouche ne pouvait prononcer. Ainsi sont les amants extraordinaires. Des héritiers courageux de l'éphémère qui s'appartiennent un temps au coeur de la nuit. Ils savent qu'ils ont vu le soleil dont tout le monde parle, ce feu ardent, volcanique qui ne connaît pas l'érosion. Un beau, jour, oui, tu voudras me revoir pour me dire que tu n'as rien vécu de plus fort, de plus grand que cela... Pour l'heure, un phoenix lumineux est en train de renaître de ses cendres et prend de l'altitude pour franchir le mur du son où de nouvelles contrées l'attendent.
Il est des cris silencieux qu'on engouffre au plus profond de soi. Des cris comme une douleur qu'on voudrait calmer par n'importe quelle molécule. Les poings fermés dans l'oreiller et les larmes qui s'écoulent comme rivière. Et ce mot, ce petit mot finissant en moitié de coeur qui revient sans cesse et harcèle l'esprit inapaisé. Pourquoi ? Et cette réponse comme une armure honorable : parce que tu souffres. Alors cercle vicieux d'un corps orphelin qui ne se résoud pas et ne connaît plus que la guerre. Contre lui, contre soi, une violence intérieure parce qu'il n'y a plus de mots. Ne resterait-il que l'oubli, que la résignation ? Ainsi, parce que je respire encore, je fais des images quand les mots ne sont plus et ne servent plus de rien, jusqu'à l'épuisement de tant de silence, jusqu'à en mourir peut-être. C'est ainsi que je vis. Ainsi que je suis femme.