la femme d'à côté

les liaisons dangereuses

Car je ne sais si vous me pardonnerez jamais d'avoir fait valsé votre décor. Quelle idée d'avoir cru que le petit supplément d'âme qui accompagnait mon joli fessier vous gardait d'un chaos annoncé. Mon coeur saignait, le vôtre était de marbre et je mourais devant vous pendant que vous débattiez doctement. Votre sémantique stérile me renvoyait dans mes pénates et offensait mon intelligence. Il ne me restait plus qu'à franchir la zone interdite pour aller voir l'envers du décor avec l'honnêteté dont je vous savais dépourvu et l'intime conviction que vous aviez peut-être marlgré vous orchestré un tel épilogue. Tandis que vous comptiez fleurette à Milan auprès d'une nouvelle conquête dans ce bel été indien qu'offrait l'octobre finissant, je me versais du thé et c'est dans un peignoir chinois, taisant la douleur de vous avoir perdu, que j'ai composé la combinaison de chiffres à laquelle était suspendu votre devenir...

7 Commentaires 13.10.07 15:07, Commenter

non-dits

Bien sûr que vous n'avez rien oublié, monsieur, de nos tremblements, de nos jeux, de nos joutes de chair. Je vous ai croisé par hasard aujourd'hui et j'ai aimé cet échange de quelques mots. Il y avait cette femme avec laquelle vous déjeuniez mais je ne voyais que vous et les quelques cheveux blancs clairsemés de votre charmante tête qui m'offrait son profil. Je vous ai salué. Vous êtes resté courtois, un brin souriant. J'ai crains votre rejet par ce contentieux que nous seuls connaissons. Je me suis assise un bref instant parce qu'il faut être à la même hauteur pour se parler et Dieu que j'avais envie de vous parler. J'avais envie de vous dire que neuf mois et six jours s'étaient écoulés depuis notre dernière étreinte. J'avais envie de vous dire qu'au paroxysme de l'envie de votre queue dont je fais le deuil, j'avais enfin cédé un soir de pleine lune à un autre et lui avais offert ce désir de vous si longtemps contenu. Que ce trop plein d'amour, de chair enflée, de lèvres fébriles et ce torrent de cyprine que je vous destinais a fait un bienheureux mais qu'en pensée c'est à vous que je le donnais. Oui, c'est vous faire beaucoup d'honneur mais c'est ainsi et quand bien même eussiez-vous amassé les conquêtes, j'ai la prétention de croire qu'en ce domaine personne n'a pu dignement me remplacer. Comme il était étrange de vous parler devant cette inconnue un peu crispée de nos silences. Que savait-elle du pays dont nous venons ? Rien. Elle n'en parle pas la langue. Elle ignore comme vous m'avez suppliée, les bras en croix, de vous achever de plaisir, abandonné au bon vouloir de mon corps sur le vôtre. Elle ignore la rage animale avec laquelle, empoignant ma nuque, vous me promettiez de me faire oublier jusqu'à mon nom. Elle ignore que je connais de vous l'intimité la plus secrète, que voulant sonder votre mystère, je vous ai vu perdre les sens à en mourir sous mes doigts, sous mes ongles. Alors j'ai pris congé, quitté la table pour vous laisser finir votre repas et dans vos yeux j'ai lu que vous commenciez de me pardonner, peut-être.
(archive 13.07.07)

4 Commentaires 26.8.07 11:39, Commenter

ad libitum

Six mois, deux saisons. Rendant fous ceux qui attendaient patiemment que la voie soit libre, j’ai choisi de n’en laisser aucun s’alanguir sur mon corps quand bien même fut-ce pour t’oublier. J’ai besoin de ce temps d’abstinence qui attise pourtant avec force le feu qui, entre mes cuisses, ne s’éteint pas. C’est une chasteté de façade. Une noblesse de la mémoire. Aiguisée comme une lame, je demeure attentive à toutes les sensations de mon désir de femme et lorsqu’il monte en moi, puissant comme une douleur, je te baise en pensée. Comme personne. Comme tu sais. Jusqu’à sentir tes mains s’enfoncer dans la chair de mes hanches. Jusqu’à t’entendre encore murmurer ces jolis mots fondus dans un râle au moment où tu assièges lentement mes profondeurs.

(archive 24.2.07 23:07)

2 Commentaires 26.8.07 11:20, Commenter

secret

Si lorsque vous lui parlez
elle affecte une moue particulière
c'est que sa langue balaie l'arrière de ses dents
au souvenir de ce dard offert
d'où perlait un nectar salé.
Si elle vous écoute ?
nul ne le sait...
(archive 19.1.07 00:58)

3 Commentaires 26.8.07 11:17, Commenter

jour pour jour

 Le tgv sous la neige, des huîtres, du champagne et des dessous affolants. De l'impatience sur le répondeur "20h c'est beaucoup trop tard, il faut que tu trouves une solution pour venir plus tôt..."

;;;
A 20h je choisis le dessert et je souris à la boulangère car un sms me promet une fessée.
;;;
Du désir comme s'il en pleuvait, de l'amour aussi...
(archive 29.12.06 22:36)

26.8.07 11:14, Commenter

question de temps

Bien sûr que je te manque. Chaque seconde respirée te le rappelle, je le sais. L'immensité du ciel me le rappelle aussi. Je suis pleine de sève et de désir. Qu'y puis-je si tu l'as cherchée de toute ton âme cette fleur rare qui t'achève de plaisir à rendre les autres sans saveur ? Qu'y puis-je si tu ne peux te l'avouer ? je sais qu'un jour tu baisseras le masque. Contre toute attente, un beau jour, sans raison, tu voudras que je sache. Tu me chercheras partout pour me dire cette évidence que ton corps a gravé dans du marbre, que ta bouche ne pouvait prononcer. Ainsi sont les amants extraordinaires. Des héritiers courageux de l'éphémère qui s'appartiennent un temps au coeur de la nuit. Ils savent qu'ils ont vu le soleil dont tout le monde parle, ce feu ardent, volcanique qui ne connaît pas l'érosion. Un beau, jour, oui, tu voudras me revoir pour me dire que tu n'as rien vécu de plus fort, de plus grand que cela... Pour l'heure, un phoenix lumineux est en train de renaître de ses cendres et prend de l'altitude pour franchir le mur du son où de nouvelles contrées l'attendent.

15 Commentaires 15.10.06 13:28, Commenter

ad X ion

Il est des cris silencieux qu'on engouffre au plus profond de soi. Des cris comme une douleur qu'on voudrait calmer par n'importe quelle molécule. Les poings fermés dans l'oreiller et les larmes qui s'écoulent comme rivière. Et ce mot, ce petit mot finissant en moitié de coeur qui revient sans cesse et harcèle l'esprit inapaisé.  Pourquoi ? Et cette réponse comme une armure honorable : parce que tu souffres. Alors cercle vicieux d'un corps orphelin qui ne se résoud pas et ne connaît plus que la guerre. Contre lui, contre soi, une violence intérieure parce qu'il n'y a plus de mots. Ne resterait-il que l'oubli, que la résignation ? Ainsi, parce que je respire encore, je fais des images quand les mots ne sont plus et ne servent plus de rien, jusqu'à l'épuisement de tant de silence, jusqu'à en mourir peut-être. C'est ainsi que je vis. Ainsi que je suis femme.

1 Commentaire 12.10.06 07:08, Commenter